Sébastien Joanniez

Désarmés
lauréat du prix Collidram 2009

avec Désarmés, cantiqueéditions Espaces 34

 

 

J’étais perdu, avec mon cantique sous le bras, au milieu du champ de bataille. J’avais l’espoir, la tendresse, toutes ces faiblesses qui nous font presque la honte dans le monde. Tellement le monde ressemble à rien, sauf au contraire d’un cantique.

Alors j’étais là, la peau d’espoir en chair de poule, et faible comme une bougie, comme un crépuscule, comme un murmure. J’avais aussi l’impression d’être seul, et même un peu moqué, à cause de mes histoires d’amour et de paix qui s’imaginent même pas sur un champ de bataille.

Et puis Pascale Grillandini s’est approchée, elle a lu « Désarmés », elle est repartie et elle est revenue avec des élèves, des profs, des classes, des collèges, des théâtres, des bibliothèques, des comédiens. On s’est vite retrouvés nombreux au milieu du bazar. On a commencé à pousser un peu les combattants sur le côté pour avoir une place. On leur a demandé de faire moins de bruit. D’aller se castagner ailleurs. Parce qu’on avait des choses à se dire. Parce qu’aussi ça fait un moment qu’on a laissé le sang couler, les larmes. Alors on aurait besoin d’une pause. Simplement pour s’écouter, se voir, se rencontrer.

Petit à petit, ça nous a fait du silence, et on a pu discuter.

Ils avaient eu le temps de se poser des questions sur mon cantique, et des intelligentes, spontanées, fraîches et même carrément franches. Ils ont toujours l’enfance avec eux les jeunes, ils rebondissent. Pour peu qu’on les accompagne, ils se lancent.

Et là, Pascale et les autres du Collidram, ils ont la volonté, le sourire, l’énergie des montagnes : ils emmènent avec eux le monde, ils le changent.

Sébastien Joanniez

 

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