Dominique Richard

Journée

lauréat du prix Collidram 2008
avec Une journée de Paul ; éditions Théâtrales

 

Je suis très honoré par ce prix. Aucun autre n’aurait pu me faire plus plaisir. D’abord parce qu’il poursuit une histoire longue de dix ans déjà, avec l’Aneth, qui a découvert mon premier texte, Le journal de Grosse Patate, et qui lui a permis d’être publié. Sans Pascale, Mireille, Françoise, je n’aurait jamais écrit Une journée de Paul.

Ensuite parce que grâce à cette aventure, j’ai eu la chance de croiser des auteurs que j’admire et dont j’aime les pièces. J’espère parler aussi en leur nom, prêter ma voix pour ensemble raconter l’amour du théâtre et de l’écriture, défendre celle qui questionne l’enfance et l’adolescence aujourd’hui, et mettre mes pas dans les traces de ceux qui, depuis des années, le font sans relâche, Suzanne, encore Françoise, Catherine, Philippe, Karine…

Enfin, je suis très heureux que ce soit vous qui me l’aient descerné, après de longues discussions passionnées. Il fallait choisir un texte, cela vous a coûté, mais grâce à vous c’est l’ensemble du projet qui est récompensé, de vous savoir des lecteurs enthousiastes et exigeants.

Je suis aussi particulièrement ému que ce soit ce texte-là, justement, qui vous ait touché. C’est une commande de la compagnie du Réfectoire, et ce prix réjouit tous ceux qui ont participé à ce projet. C’est un texte qui m’a échappé, qui s’est presque écrit malgré moi, un texte sur le deuil et l’identité quand il était question des rêves d’une jeunesse d’aujourd’hui, comme si l’adulte que je suis devenu se demandait ce qu’il pouvait bien vous transmettre, s’il en avait le droit et la force.

C’est aussi une pièce sur le théâtre, car le théâtre est l’art de la cérémonie, de l’évocation des morts, le rêve fou de faire revivre les absents, en chair et en os, dans le présent de la représentation. Les plateaux de théâtre sont toujours remplis de fantômes, personnages évanouis, acteurs qui les ont interprété, spectateurs disparus… Les morts écoutent quand on parle d’eux, alors je pense aussi à tous ceux auxquels je songeais en écrivant.

On n’est jamais seul quand on écrit, toujours plein de tous ceux que l’on aime. On les porte en soi et ils vous emmènent dans leurs rêves. Tout ce que je sais de moi, c’est ce que j’ai tenté d’écrire, guidé dans ma nuit par la lumière de mon enfance, par le souvenir de ces présences familières.

Continuez de devenir comme vous êtes, pleins d’enthousiasme et de générosité, remplis de la gravité de la jeunesse, loin du sérieux des adultes, toujours plus convaincus que “vivre est un privilège, pas un problème”…

Encore merci, à l’amour du théâtre et des textes…

Dominique Richard

 

 

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