Dominique Wittorski

Ohne

lauréat du prix Collidram 2007
avec Ohne ; éditions Actes Sud -papiers

 

J’ai écrit Ohne à la suite d’une commande de France Culture… Et lorsque France Culture a reçu le texte, ils l’ont trouvé d’un niveau qui valait la peine, comme on dit. Exigeant comme il faut, drôle comme c’est plutôt rare… en quelque sorte.
J’étais comblé : France Culture avait trouvé Ohne à la hauteur de l’exigence de son antenne, pour une dramatique diffusée à 20h30 !
Et voilà qu’aujourd’hui, ce sont les collégiens qui distinguent Ohne parmi cinq textes. Ils ont trouvé le texte à leur aune. Une langue qui leur parle, une réflexion sur l’exclusion qui leur ressemble.
Merci à eux.

Merci pour ce geste qui ressemble au grand écart : à gauche France Culture et à droite les collégiens.
Et puis non ! Il n’y a aucun grand écart justement. Il y a ce 31 mai 2007, et cette évidence que nul ne devrait jamais plus remettre en cause : il n’y a pas de fossé entre la culture exigeante et la soif des collégiens. Il n’y a pas de chose qui soit hors de portée.
Je suis fier de recevoir ce prix de ces collégiens (de ZEP dites-moi !), et ils peuvent être fiers d’eux : ils ont démontré qu’elle n’existe pas cette jeunesse dont on nous rebat les oreilles, qui ne sait plus lire, qui est paresseuse, qui glisse vers l’éternelle facilité, vers le consommable, vers le vide… Une jeunesse au cerveau qui ne penserait pas… Il y aura, pour moi, le 31 mai. Et plus personne ne pourra dire, comme on l’a entendu et lu sous la plume des « penseurs d’aujourd’hui » : « leur façon de parler, c’est le problème, ils démontrent leur incapacité à penser ». Ohne parle de cela tout au long du texte, et tente de le battre en brèche avec humour et férocité. Les collégiens l’ont bien lu… eux qui savent exactement de quoi ça parle dans leur vie de tous les jours.

Merci vraiment. Voilà le monde qu’on divise quotidiennement, voilà le monde où l’on monte les uns contre les autres, les compétents contre les incompétents, les travailleurs contre les paresseux, … voilà ce monde obligé de se réunir : des collégiens et France Culture aiment la même chose ! Et grâce à ce prix, les collégiens peuvent le faire savoir. Ah ! si la médiatisation pouvait être aussi intense que quand une voiture brûle… Rêvons d’un rouleau compresseur médiatique qui dirait « les zep ont soif de France Culture » !

Dominique Wittorski

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