Philippe Crubézy

l'hiverPhilippe Crubézy, lauréat de l’inédiThéâtre 2016

L’HIVER, QUELLE TONALITE ?

Lire puis élire.

J’ai proposé « L’hiver, quelle tonalité » à L’InediThéâtre cinq minutes avant la clôture des inscriptions. Je tergiversais, je pensais que le texte était trop « pointu » pour des lycéens, trop « adulte » avec son absence de ponctuation, ses références musicales, ses citations en italien…

Mais pour qui je me prenais et surtout quelle idée avais-je de ces lycéens qui allaient se pencher sur mon texte ?

J’étais vaniteux et je les considérais mal. Car ils se sont penchés, non seulement sur mon Hiver mais aussi sur les « Deux enfants » de Gilles Granouillet et sur « Miss Europa va en Afrique » de Georgia Doll, avec attention et empathie. Déjouant ma suffisance.

Et qui s’est ainsi penché par-dessus la margelle ? Des lecteurs, des amateurs déjà, de futurs spectateurs qui ont lu, réfléchi, commenté, éprouvé peut-être ce que ces textes faisaient résonner en eux avant de mettre au clair leur opinion, de hiérarchiser leurs arguments, de débattre et se battre avec leur intelligence comme arme de poing. Pour mieux choisir.

Et ils m’ont décerné un prix qui n’a pas de prix. Maintenant, grâce à eux, « L’hiver, quelle tonalité ? » a été déposé, recueilli au sein d’un livre, il a une maison, on sait où le trouver. Pour toujours. Je ne peux en avoir qu’une immense reconnaissance. Dont acte.

Quelques jours plus tard, je les ai rencontrés chez eux, dans leurs lycées, accompagnés de ces passeurs indispensables que sont les professeurs, les intervenants, et leurs questions ont tourné essentiellement autour du faire. Comme faire ? Ecrire ? Comment ? Quoi ? Pourquoi ? Où ? Pour qui ? Quand ?

Je les voyais, je les entendais parfois timides, parfois désordonnés, partir à l’abordage d’un continent inconnu et pas seulement d’eux : l’écriture.

Un but à atteindre qui recule comme l’horizon.

Et comme souvent quand on tente d’expliquer simplement et sincèrement comment on fait quelque chose c’est d’abord à soi-même qu’on simplifie le mode d’emploi. Je sais un petit peu mieux ce que je fais quand j’écris grâce à quelques lycéens curieux. Respect.

Comme quoi il est toujours bon d’aller voir.

DSCF1426A ceux qui m’ont demandé des dédicaces sur le livre, derrière leurs prénoms si divers j’ai parlé de futur, de liberté, de Printemps, du théâtre qui est si près de la vie, de tonalité à chercher et à trouver pour qu’enfin cette vie, la leur, soit belle et bonne, de vents favorables, de lectures…

Et je les ai remerciés. Et je le refais aujourd’hui.

Philippe Crubézy,
le 14 juin 2016

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