Henri Bornstein

moi arcanHenri Bornstein, lauréat du prix Collidram 2016 :

MOI, ARCAN

Dans le train, tout à l’heure, en pensant à ce moment où j’allais me trouver devant vous, je me suis fait cette réflexion qu’écrire une pièce de théâtre était un processus étonnant et singulier. Ecrire, pour moi, c’est révéler des morceaux de moi-même. Tous les personnages de « Moi Arcan », excepté vraisemblablement Louis Loizeau, sont des bouts de moi. Du coup, qu’un adolescent qui s’appelle Arcan né à Bagatelle dans un quartier toulousain qu’aucun de vous ne connait puisse vous émouvoir autant dans sa recherche d’identité témoigne d’un partage assez extraordinaire entre des bouts de nous. Et je me suis dit que c’était une belle chance de recevoir ce prix, une grande chance, parce qu’il est, avant tout, le résultat de ce partage, votre choix. Un choix argumenté, de filles et de garçons, tous collégiens, choix qui m’honore, parce qu’il me raconte beaucoup sur vous, de ce que nous avons en commun, sur ce que vous êtes, sur ce que vous pensez, sur votre envie qu’on vous raconte, avec du théâtre, des histoires qui ont du sens et qui vous touchent, des textes qui portent des valeurs, du textes qui questionnent le monde dans lequel nous vivons, vous et moi.

Parmi ces valeurs il en est une à laquelle je crois profondément : la tolérance.

 A l’inverse, me trouble infiniment le racisme que je ressens comme quelque chose d’insupportable. Le racisme qui crée tant de peurs avec lesquelles nous nous débattons quotidiennement. Le racisme, capable de développer tant de violences, de la haine, des conflits sanglants alors que chacun d’entre nous aspire à vivre en paix. Dans sa violence, si puissante, à l’égard de l’autre, le racisme nous contraint à être constamment sur nos gardes, vigilants, pour être capables d’y faire face à tout moment, pour le combattre. Il nous empêche tellement d’être libres.

Quand vous plébiscitez « Moi Arcan » j’éprouve en tant qu’auteur un sentiment de plaisir et de reconnaissance, mais au-delà, singulièrement, je ressens l’espoir que vous serez des adultes vigilants face à l’immonde haine raciste. Je ressens que nous partageons cela.

Merci à vous tous.

DSCF1817Bien sûr merci à Pascale Grillandini et à l’équipe de Postures qui, avec ce prix, a permis à « Moi Arcan » d’être lu par tant de collégiens. Merci à mon éditeur Pierre Banos à Françoise Duchaxel et à l’équipe des Editions théâtrales. Ils me font confiance depuis de longues années. Je n’oublie pas les enseignants, les théâtres, les nombreux artistes intermittents du spectacle que je salue aujourd’hui dans leur lutte et qui ont contribué à rendre ce prix si vivant. Merci pour l’engagement de tous à rapprocher les jeunes des écritures théâtrales d’aujourd’hui et d’avoir choisi parmi les pièces  sélectionnées cette année, toutes belles et fortes, de Pauline Sales, de Sylvain Levey, de Jean Cagnard – « Moi Arcan ».

Et merci à l’équipe de la Maison des métallos d’accueillir ce soir cette fête des écritures théâtrales.

Henri Bornstein
7 juin 2016

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Merci de résoudre ce petit calcul * Le temps imparti est dépassé. Merci de recharger le CAPTCHA.