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Replik

Le projet concerne 7 classes d’école élémentaire en France et en Suède de septembre 2010 à mai 2011.

En Suède : 5 classes de la Franska Skolan à Göteborg : classe 2 (équivalent CE2), classe 3 (équivalent CM1), classe 4 (équivalent CM2), classe 5 (équivalent 6ème) et classe 6 (équivalent 5ème)

En France : 2 classes de CM1 de l’école de la Roue B à Fontenay-aux-Roses.

 

Les pièces sélectionnées :

Le choix des textes se fait lors d’un  comité de sélection qui réunit les différents participants : intervenants, médiateurs, structures associées. Ils sont issus des sélections du comité de lecture de LABOO7. Le corpus n’est pas absolument le même pour chaque classe, mais il comprend au moins une pièce ou un auteur commun.

En Suède :
Rien ne pousse sauf Stig et Molly de Lucas Svensson, traduction de Marianne Ségol et Karin Serres (niveaux 3, 4, et 5)
La Lettre de NN de Erick Uddenberg, traduction de Marianne Ségol et Karin Serres
La terre qui ne voulait plus tourner de Francoise du Chaxel (Éditions Théâtrales)
Le Jardin de personne de Karin Serres (Éditions Théâtrales – Théâtre en court 3)

En France :
Frigomonde de Karin Serres (Éditions L’École des loisirs)
La terre qui ne voulait plus tourner de Francoise du Chaxel (Éditions Théâtrales)
Yael Tautavel de Stéphane Jaubertie (Éditions Théâtrales)

 

La musiq-musik des langues :

Que ce soit autour de Frigomonde, en France, ou du Jardin de Personne, en Suède, cette année, grâce à Postures, j’ai eu le bonheur d’éprouver à nouveau la richesse de la langue étrange ou étrangère au théâtre, et la force qui s’en élève, spécialement lorsque des enfants ou des adolescents la travaillent.

Ces jeunes qui vivent au quotidien dans un monde multilingue n’ont aucune appréhension envers une langue qui sonne différemment de leur langue maternelle, que ce soit une langue étrangère qu’ils apprennent en classe ou bien une langue inventée, et ce, dès qu’ils en comprennent le sens, puis qu’on les encourage à jouer librement avec ces sonorités nouvelles. Le fait de jouer dans une langue dont ils n’analysent pas chaque élément en libère même beaucoup, qui vont bien plus loin dans l’incarnation, la présence ou l’expression de leurs émotions. Et cette plongée ludique dans la langue des pièces de théâtre ouvre aussi leur langue quotidienne, l’enrichit et l’affine, tant rationnellement qu’intuitivement.
Quel plaisir, nous ont-il dit, les yeux brillant, après leurs lectures à voix haute, de prononcer ces mots qui sonnent différemment de leurs mots habituels, auxquels on prête donc plus d’attention, puis quel amusement de jouer avec, d’en inventer d’autres, bien sûr, pour soi, de créer de la langue. En retour, quel plaisir pour moi, l’autrice, d’entendre mon texte résonner avec leurs accents, leurs accentuations, leur prononciations personnelles, témoins subtils de la façon dont ils se sont appropriés mes mots et ma fiction.

Avec ses comités de lecture en milieu scolaire qui se développent maintenant à l’étranger, Postures est un pionnier de l’exploration des langues théâtrales, en toute intelligence, finesse et ouverture. L’étrange territoire presque encore vierge des langues étranges et étrangères au théâtre, qui me passionne et que les professionnels adultes commencent à peine à fouler, pourrait bien être joyeusement défriché avant eux par les enfants et les adolescents qui ont la chance de participer à de tels projets, si bien pensés. Et je mesure ma chance de pouvoir y participer.      

       Karin Serres, juillet 2011


Calendrier

Septembre 2010 :
comité de sélection, à l’issue duquel trois pièces de théâtre sont proposées à chaque classe.

Octobre/novembre 2010 :
1ères rencontres dans chaque classe avec un intervenant de Postures. Présentation du projet, mises en voix du début de claque pièce.

Novembre 2010 à février/mars 2011 :
Séances dans les classes consacrées à chacune des pièces. Elles sont animées par un intervenant de Postures en France et un enseignant référent préalablement formé en Suède. Elles sont organisées de façon à révéler et questionner les spécificités de chaque pièce (dramaturgie, langue, structure…). Les élèves sont incités à exprimer leur à avis, puis à choisir des extraits pour la mise en voix qui a lieu au cours de chaque séance.

Février/mars 2011 :
Séance de comité de lecture dans chaque classe, animée par un intervenant de Postures. Elle commence par une discussion ou chacun énonce les raisons de son choix. Les différents aspects des pièces sont ainsi détaillés, analysés, soumis à la controverse. Si le débat n’aboutit pas à un accord, la sélection se fait en comptant les arguments positifs pour chaque pièce défendue : un argument =  une voix.

Mai 2011 :
Rencontres avec les auteurs choisis par chaque classe en France et en Suède, mises en voix publiques d’extraits des pièces sélectionnées.