Jean Rock Gaudreau
Sélectionné pour le prix Collidram 2010 
avec La Migration des oiseaux invisibles
Lansman éditeur
Manque de pot, ma caméra ne fonctionne pas et je passe ma vie entre
Québec et Montréal actuellement pour le bureau. Alors, il faudra revenir
à une méthode plus traditionnelle qui consistera à vous saluer : vous, les
jeunes, et vous remercier, sans oublier les personnalités présentes, mes
collègues et madame Isabelle Gardien.
Pour ce qui est d’un message plus spécifique, je pourrais dire ceci de la
pièce en question :
« La migration des oiseaux invisibles est une fable sur l’Amérique, terre
d’espoir, qui attire sans doute la convoitise, mais demeure, à mes yeux,
malgré ses erreurs et ses errements, une promesse d’un monde meilleur
et plus juste. Nous avons le devoir d’entretenir ce rêve, de le restaurer.
Sinbad et Rat-d'eau nous rappellent à nos responsabilités.
Il y a quelques années, j’ai choisi sciemment de tourner le dos à la
dramaturgie de l’accusation et du désespoir qui rivalise d’imagination
pour nous présenter un monde fini, désespéré. Sans nier les problèmes
qui minent notre époque, je crois que la beauté de la vie doit aussi être
racontée. Sans quoi, par effet de cumul, les spectateurs, peu importe
leur âge, associeront le théâtre à la déprime de l’Occident, sa perte de
repères bien réelle, mais qui n’est pas irréversible tant qu’il y a des mots.
Le théâtre, dans la littérature, est aussi un outil vivant et tangible pour
nommer ce qui est beau en nous et autour de nous. Pour moi, ce choix
de l’espoir à tout prix, c’est une sorte de voie du milieu entre
l’accablement des spectateurs et le divertissement bébête. »
Jean Rock Gaudreault


